
Campagne d’action continue contre l’entreprise Thales
Nous, Guerre à la guerre, sommes une coalition d’organisations qui s’est formée autour de la nécessité de construire un antimilitarisme populaire capable à la fois de lutter pour faire cesser les massacres impérialistes partout dans le monde, et de résister à la militarisation de nos existences ici en France.
Après une première date importante de mobilisation en juin 2025 contre le salon du Bourget, nous lançons aujourd’hui une campagne d’action continue contre le fabricant d’armes français Thales.
Nous, Guerre à la guerre, sommes une coalition d’organisations qui s’est formée autour de la nécessité de construire un antimilitarisme populaire capable à la fois de lutter pour faire cesser les massacres impérialistes partout dans le monde, et de résister à la militarisation de nos existences ici en France.
Après une première date importante de mobilisation en juin 2025 contre le salon du Bourget, nous lançons aujourd’hui une campagne d’action continue contre le fabricant d’armes français Thales.
À l’heure où les génocides se déroulent sous nos yeux, où les agressions impérialistes se font de plus en plus décomplexées, et où nos dirigeants multiplient les annonces et les mesures bellicistes, il est temps de se donner une prise contre les machines de guerre et de contrôle qui rendent possibles les pires atrocités à travers le monde.
Le système impérialiste occidental a beau être vaste et diffus, il n’en reste pas moins atteignable. Il s’incarne ici en France dans des entreprises d’armement qui sont autant de rouages primordiaux pour son fonctionnement. Ce secteur industriel est largement dominé par des géants multinationaux qui réalisent des milliards de bénéfices mais ne sont pas pour autant connus du grand public.
Parmi ces entreprises, nous avons choisi d’en faire connaître une, et pas des moindres : Thales.
Prétendant vouloir « construire un avenir de confiance », Thales n’est en réalité rien d’autre qu’un vendeur de mort et un profiteur de guerres. Missiles, drones, blindés, guerre électronique… Les armées des pires régimes sont équipées par Thales, à commencer par celle de la France. Thales est une incarnation de ses politiques guerrières à l’intérieur comme à l’extérieur de ses frontières : l’État français est à la fois son principal actionnaire aux côtés de Dassault Aviation, l’autorité de contrôle de ses exportations et son principal client.
C’est entre autres avec des équipements Thales que la France envoie ses soldats partout où elle veut défendre ses intérêts impérialistes et colonialistes, sous couvert de lutte « contre le terrorisme » ou de « maintien de l’ordre ». Au garde-à-vous pour répondre aux discours va-t-en-guerre de Macron, Thales est l’un des principaux profiteurs des politiques d’austérité au profit de la course à l’armement qui se met actuellement en place.
Mais le groupe n’a pas attendu l’accélération de la militarisation en Europe pour faire de la guerre un business rentable partout dans le monde.
Lorsque la France vend un avion de combat Rafale, Thales se frotte les mains : c’est lui qui produit l’essentiel des équipements électroniques de l’avion, représentant un quart de sa valeur.
Après avoir modernisé les chars et les avions de combat russes pendant des années, l’invasion de l’Ukraine et ses conséquences mondiales ne représentent pour Thales rien d’autre qu’une nouvelle opportunité commerciale.
En Palestine, les drones Hermes 900 et Heron TP de l’armée d’occupation ne pourraient ni voler, ni surveiller, ni bombarder sans les équipements vendus par Thales. Ses nombreuses collaborations avec les marchands d’armes Elbit Systems et Israel Aerospace Industries, piliers de la machine de guerre israélienne, en font un complice actif du génocide et de la colonisation.
Parmi ses clients et partenaires, on retrouve également les entreprises émiraties International Golden Group et Edge Group, connues pour fournir des armes aux Forces de Soutien Rapides (FSR) qui commettent des atrocités au Soudan.
Faire commerce avec des dictatures, des régimes suprémacistes et autoritaires qui commettent ou facilitent des génocides n’est pas un problème pour Thales. En armant à la fois les armées impérialistes occidentales, le colonialisme génocidaire israélien, les complices des massacres au Soudan, la dictature d’Al-Sissi en Égypte, le néo-colonialisme marocain au Sahara Occidental et indonésien en Papouasie Occidentale, Thales est bien un acteur majeur de la domination coloniale du Nord sur le Sud et des massacres armés commis dans le monde entier.
Quant à ses activités prétendument « civiles », elles concernent essentiellement l’arsenal techno-répressif servant aux guerres intérieures menées par les États contre les peuples. Fournisseur de Frontex, la police européenne aux frontières, Thales arme directement les politiques racistes et sécuritaires de l’Union Européenne, qui provoquent des milliers de mort·es chaque année par l’externalisation et la militarisation des frontières. La surveillance et le fichage généralisés, la criminalisation de tous ceux qui contreviennent à l’ordre, la traque des exilé·es sont rendues possibles par des technologies Thales.
Si la destination finale des équipements vendus par Thales n’était pas suffisamment meurtrière, l’impact de leur production est tout aussi destructeur : géant industriel, là où il s’implante, Thales accélère l’artificialisation et la pollution des terres, et n’a de cesse d’agrandir ses installations. Spécialiste des hautes technologies, Thales est structurellement dépendant de ressources telles que le coltan, le tungstène ou l’étain pour fabriquer ses missiles et autres équipements militaires. Il est à ce titre bénéficiaire de l’extractivisme ultra-violent et meurtrier qui motive entre autres les terribles affrontements qui ensanglantent le Congo.
Thales c’est tout cela, mais pour nous c’est avant tout une cible. Une cible au sens où elle existe matériellement et n’est donc pas intouchable. Thales a un nom, un agenda commercial et politique, un siège social, des sous-traitants, des bureaux, des centres de recherche et des usines partout en France. Autant d’opportunités pour celleux qui refusent la guerre qu’il mène contre tous les peuples, d’exprimer ce refus et de le manifester concrètement en perturbant le cours normal de ses activités mortifères.
Depuis le début du génocide à Gaza, des mouvements de contestation de tous horizons se sont formés et ont pris de l’ampleur, révélant qu’une bonne partie de la population ne pouvait plus accepter la complicité active de la France dans les atrocités qui se déroulent en Palestine et partout dans le monde. Nous appelons toutes ces personnes, ainsi que toutes celles qui refusent la marche vers la guerre dans laquelle on nous entraîne, à concentrer leurs attaques sur ce maillon si représentatif de l’ennemi qu’est l’entreprise Thales.
Partout où Thales ira, nous serons là ! Soyons des milliers à rivaliser d’inventivité pour diffuser la vérité au sujet de leur business morbide, et pour l’empêcher de se poursuivre.
Décorons chaque matin les façades de leurs tristes bâtiments, brandissons les drapeaux de tous les peuples opprimés aux yeux de ceux qui se croient innocents, débranchons leurs caméras à reconnaissance faciale et leurs intelligences artificielles mortifères, bloquons les routes qui mènent à leurs usines et soutenons les luttes des travailleur·ses pour la reconversion vers le domaine médical, transformons leurs open-spaces en habitats collectifs autogérés et occupons leurs chantiers pour y planter des champs d’oliviers, introduisons-nous partout où nous pouvons être le grain de sable qui fera s’enrayer la machine, pour en finir avec l’impunité et le silence dans lesquels se fait le commerce de la mort en France.
Guerre à Thales, guerre à la guerre !
Géant industriel, Thales dispose de nombreuses implantations partout en France : Sièges sociaux, bureaux, usines, centres de recherche et développement… Autant de cibles pour exprimer et manifester concrètement notre refus de ses activités mortifères.



