
Des firmes françaises impliquées dans la chasse aux exilé·es aux USA…
Les milices ICE chargées de la guerre aux exilé·es multiplient leurs actions meurtrières aux États-Unis. Au moins 43 personnes ont été tuées par les agents de l’ICE depuis juillet 2025, qu’il s’agisse de personnes arrêtées et détenues pour leur situation soi-disant « irrégulière » (35 mortes « in custody » dans les camps de détention disséminés dans différents États) ou encore de personnes exécutées alors qu’elles étaient en train de s’opposer à des opérations d’expulsion de l’ICE (8 personnes « soutien » abattues depuis juillet 2025, dont Renée Good et Alex Pretti tout récemment) (1).
Ces unités néofascistes au service de Trump dérivent des milices esclavagistes et participent à la reproduction de nouvelles formes de ségrégations socio-raciales. Comme tous les systèmes de surveillance, de capture, de déportation et d’internement racial de masse, elles participent à écraser des milliers de vies et à renforcer l’exploitation des strates les plus précaires des classes populaires.
En coulisses, les industriels de la « sécurité » et du contrôle en profitent largement.
Aux États-Unis, Palantir est le partenaire technologique clé de l’administration Trump pour sa politique migratoire. Le géant mondial du Big Data et de la surveillance de masse a développé des outils comme ELITE (Enhanced Leads Identification & Targeting for Enforcement) pour aider l’ICE à localiser et traquer les personnes en situation irrégulière, les déporter ou les interner. La firme fondée par le techno-fasciste Peter Thiel fournit son logiciel Gotham aux polices, aux sercices de renseignement et aux unités militaires US mais aussi à la DGSI française. Dans la droite ligne de cette néofascisation, la France a officiellement prolongé de trois ans son contrat avec Palantir pour l’analyse de données massives en décembre 2025.
Mais c’est aussi un business juteux pour trois grandes firmes technologiques françaises qui ont décroché de gros contrats avec l’ICE aux États-Unis : Capgemini, Parrot et l’inévitable Thales, que la coalition Guerre a la guerre a choisi comme cible dans une grande campagne lancée courant janvier.
Capgemini, l’un des plus gros prestataires de services informatiques dans le monde, collabore avec les États-Unis depuis plus de 20 ans (2). La firme a remporté un appel d’offres en 2025, fort de 4,8 millions de dollars, pour « des services de recherches de personnes (skip tracing) à l’échelle nationale ».
Parrot fournit des drones adaptés aux chasses à l’homme policières à l’ICE ainsi qu’à la police des frontières et aux services de renseignement étasuniens.
Parmi toutes ses activités liées à la guerre et à la répression, Thales est aussi devenu un géant de l’identification biométrique en rachetant son concurrent français Gemalto qui avait gobé une boite américaine, Cogent, deux ans plus tôt. Ce sont les logiciels de Cogent qui arment depuis des années les différentes forces de police aux États-Unis. Son logiciel « Ident » est utilisé par l’ICE pour enregistrer les données biométriques des contrôlé·es, arrêté·es, détenu·es et expulsé·es des États-Unis.
… parce que la France et l’UE sont en première ligne de cette guerre aux exilé·es
Les frontières participent à maintenir les rapports inégalitaires Nord-Sud et la surexploitation des travailleur·ses migrant·es tout en donnant vie aux fantasmes racistes et civilisationnels des classes dirigeantes. Elles constituent aussi un immense marché pour les industries militaro-sécuritaires. À ce titre, l’Europe fortresse constitue à la fois un grand laboratoire, une vitrine et un business gigantesque. Le budget de l’agence Frontex, cette armée européenne chargée de la guerre aux exilé·es a ainsi été multiplié par 140 en moins de quinze ans, atteignant désormais près d’un milliard d’euros en 2025 pour traquer, interner, déporter ou faire mourir en mer des personnes parties à la recherche d’une vie meilleure. Alors que 33 242 personnes ont disparu en Méditerranée depuis 2014 – dont 1873 en 2025 – l’agence France Travail tente désormais de recruter parmi les plus précaires pour les faire participer à une « belle aventure professionelle… et humaine » au service de Frontex.
À Mayotte, ce système fonctionne à plein régime à travers une chasse quotidienne aux personnes illégalisées, mutilées ou noyées lors du chavirement des embarcations, capturées, internées et déportées par milliers chaque année à l’intérieur d’un archipel que la France a colonisé. Illégalement détachée du reste des Comores, Mayotte constitue aussi de ce point de vue un grand laboratoire colonial des politiques sécuritaires et racistes pour faire reculer le droit du sol au profit du droit du sang.
De tous ces points de vue, le régime de frontières qu’on tente de nous faire croire « naturel » participe en première ligne à la reproduction d’un système de domination capitaliste et de suprémacisme blanc ainsi qu’à la dynamique de néo-fascisation permettant aux puissances européennes de maintenir leur rang dans la hiérarchie internationale.
Contre la guerre, contre les frontières, organisons-nous avec nos camarades exilé·es
Comme face à toutes les violences d’État, seule la lutte paie ! Aux États-Unis, la résistance populaire a opposé les plus grandes manifestations de l’histoire récente, des journées de grève générale, des occupations de places et des révoltes tandis que des collectifs d’habitants se sont donnés les moyens de s’unir pour surveiller les milices, les empêcher de dormir la nuit autour de leurs hôtels, signaler leur arrivée pour que les personnes concernées puissent s’échapper, s’opposer physiquement aux arrestations mais aussi ouvrir des lieux pour venir en aide aux personnes blessées et réprimées… Cette lutte nous montre une voie possible pour s’opposer aux machines de guerre et de contrôle : se rassembler pour les empêcher de fonctionner, s’organiser pour les démanteler et en profiter pour reprendre collectivement en main la gestion de nos vies !
L’assassinat d’El Hacen Diarra par la police française s’inscrit au cœur de cette guerre contre les exilé·es et les quartiers populaires. Originaire de Mauritanie et résidant d’un foyer de travailleurs migrants dans le XXe arrondissement, il a été mis à mort dans la nuit du 15 au 16 janvier 2026 et les policiers responsables n’ont pas été suspendus. Ils sont toujours en service parce qu’ils ont fait le boulot pour lequel l’État les paie.
Le 14 mars, le Réseau d’entraide Vérité et justice (REVJ), la Marche des Solidarités, les Collectifs de Sans-Papiers (CSP), membres de la coalition Guerre à la guerre appellent à se rassembler et à manifester massivement sur tout le territoire contre les violences d’Etat, pour la régularisation globale de tous et toutes; pour l’égalité des droits à la santé, à l’éducation, au logement; pour la fermeture des centres de rétention… Retrouvons-nous à leurs côtés pour construire ensemble un large mouvement capable d’en finir avec le régime des frontières, toutes les polices et toutes les machines de guerre.
Guerre à la guerre, guerre aux frontières !
Campagne continue contre Thales
Envoyez-nous des images et récits de vos actions contre Thales :
Sur Signal : guerreathales.26
Par mail : guerreathales@proton.me

