
Dans la nuit du 12 au 13 juin, entre 3h et 4h du matin, des militant·es antimilitaristes, membres d’Extinction Rébellion et répondant à l’appel de la coalition Guerre à la Guerre, se sont introduit·es sur le site de Bons-en-Chablais de l’entreprise haute-savoyarde Nicomatic puis se sont fait·es rapidement interpeller par le GIGN.
Il y a deux semaines, une action de sensibilisation avait déjà été menée contre cette même entreprise sur le site Nicomatic de Saint-Cergues, pour dénoncer les agissements du sous-traitant. Sous tension, on imagine qu’en plus d’un contexte de répression disproportionnée lié à l’imminence du sommet du G7 et à cette précédente action la visant, Nicomatic a renforcé sa sécurité.
Via la diffusion d’une vidéo publiée sur les réseaux sociaux et le site internet de Guerre à la guerre, ces actions ont pour objectif d’interpeller les salarié·es sur les pratiques de leur entreprise, soit sur l’implication directe de Nicomatic dans la guerre et sur « leur choix de dédier leurs précieuses heures de vie » à une industrie meurtière qui prône la guerre et la violence.
« On ne fabrique pas des armes »
D’après la tribune offerte à Nicomatic par le journal Ici, face aux dénonciations des activistes, la direction se défend : « Mais on ne fabrique pas des armes ». Un simple coup d’oeil au site web de l’entreprise suffit à se rendre compte de l’hypocrisie totale. Certes, ils ne fabriquent pas d’armes, ils fabriquent « des solutions d’interconnexion spécialisées pour les systèmes de défense ». Ils ne fabriquent pas le canon mais le boulet, non, ils ne fabriquent pas l’arme finale, juste des petits morceaux d’armes.

Les conditions de l’interpellation
TW violences policières
Quelques secondes après avoir infiltré le site de l’entreprise, c’est le GIGN qui a interpellé les militant·es.
Les moyens mis en oeuvre pour empêcher les activistes de coller leurs stickers donnent le tournis : deux fois plus de membres des forces de l’ordre que de militant·es, un drone, des caméras thermiques, de nombreux camions… Des personnes ont également été ciblées par des fusils à visée laser, puis humiliées et frappées à plusieurs reprises alors qu’elles étaient attachées au sol.

Notre peinture face à leurs composants d’armes qui tuent, c’est pour l’un des responsables de Nicomatic « psychologiquement, très violent »
La déconnexion totale des responsables de ce genre d’entreprises entre la violence que leurs productions engendrent et leur réaction pour un peu de peinture sur un bâtiment est lunaire. Un des responsables confie également qu’il craint qu’« un élément violent de ce groupuscule s’en prenne à un salarié. » Nous invitons donc cette personne visiblement très touchée par quelques tâches sur de la tôle à regarder notre vidéo et témoigner du caractère bienveillant de notre démarche envers les salarié·es.
Une interpellation démesurée
Si on récapitule, c’est donc le GIGN, spécialisé dans les missions dangeureuses et la gestion de crise (antiterrorisme, libération d’otages et lutte contre le grand bantitisme), qui a été mobilisé pour de la peinture, de faux linceuls, des stickers et des affiches lors d’une action antimilitariste.
Une question se pose : Si Nicomatic ne fabrique pas d’armes, pourquoi le GIGN intervient il pour protéger l’usine ?
Ces pratiques hallucinantes dans leur démesure témoignent de la volonté de l’État de casser psychologiquement les personnes afin d’écraser toute forme de discussion sur la relance d’une industrie mortifère, mais extrêmement rentable.
Heureusement, les militant·es ont pu compter sur leur solidarité, et plusieurs plaintes seront déposées contre les gendarmes à l’origine des violences.
Une nouvelle situation qui met en lumière les priorités de notre gouvernement : encourager la guerre et criminaliser les mouvements antimilitaristes. Prôner la Guerre plutôt que la Paix.
Nous invitons les salarié·es des entreprises Nicomatic, Thales, AR Electronics, Exxelia, Radiall, Lynred NIT… touché·es par notre vidéo et notre démarche à nous contacter par mail via guerreathales@proton.me
Rendez-vous au tribunal de Thonon-les-Bains pour le procès de nos 14 camarades le 3 novembre, on ne lâche rien !
Si vous souhaitez les aider à faire face aux frais juridiques, n’hésitez pas à participer et relayer cette cagnotte : https://we-solidaire.com/fr/collecte/caisse-de-solidarite-anti-rep-no-g7

