
Ce samedi 4 avril, les flottilles françaises prenaient la mer depuis le port de Marseille pour rejoindre le point de rendez-vous international avant de s’élancer vers Gaza. À terre, les actions contre Thales ont déjà commencé.
Depuis plusieurs semaines, les collages se multiplient dans de nombreuses villes de France pour dénoncer la complicité matérielle de Thales dans le génocide du peuple palestinien. Près de Grenoble, un rassemblement a eu lieu devant le site de Thales AVS à Moirans : des banderoles ont dénoncé les profits mortifères de l’entreprise tandis que des tracts appelant à se mobiliser contre les guerres impérialistes et les frontières étaient distribués. En Belgique, à Tubize, une cinquantaine de manifestant·es ont bravé l’interdiction initiale du rassemblement prévu devant l’usine Thales locale, et ont symboliquement formé une rampe de lancement humaine pour lancer une roquette (en papier mâché) couverte de sang par dessus la grille de l’entreprise.



Ces premières actions s’inscrivent dans le cadre d’un large mouvement international qui accompagne les flottilles pour Gaza : tandis que les embarcations prennent la mer pour briser le blocus, c’est à nous d’agir là où nous sommes pour rompre l’impunité de ceux qui profitent ici des guerres impérialistes et de l’oppression du peuple palestinien.
Bien qu’Israël ait récemment annoncé la suspension de ses achats d’armement à la France, il est clair que Thales demeure l’un des rouages les plus importants de la complicité active de la France dans le génocide du peuple palestinien : Thales fournit des composants électroniques indispensables aux vendeurs d’armes israéliens Elbit Systems et Israel Aerospace Industries, sans lesquels leurs drones ne peuvent tout simplement pas voler. Seront-ils tous remplacés du jour au lendemain par cette simple annonce ?
Au demeurant, Thales possède toujours une joint-venture au Royaume-Uni avec Elbit, des locaux et des sociétés en Israël, et continue d’entretenir des partenariats technologiques avec le complexe militaro-industriel sioniste. Ces liens structurels illustrent l’étendue de la complicité de la France avec Israël en termes d’armement, et ne seront pas balayés par une simple décision politique.
Si nous ne nous faisons pas d’illusions sur l’effectivité et l’étendue de la rupture déclarée par Israël, cette annonce nous prouve néanmoins que nos mobilisations ont un impact. Si Israël souhaite désormais s’appuyer sur des partenaires considérés comme plus amicaux et fiables que la France, ce n’est pas grâce à nos dirigeants, qui n’ont jamais imposé d’embargo réel sur les ventes d’armes : ce sont bien les mobilisations populaires qui ont entravé les livraisons d’armes dans les ports et les aéroports, ou encore poussé à l’interdiction de la participation d’Israël aux salons d’armement français comme Eurosatory et le Bourget, causant ainsi de fortes tensions entre les gouvernants français et israéliens.
Alors que le génocide continue en Palestine et qu’Israël frappe à nouveau les peuples d’Iran et du Liban, Thales voit son entreprise prospérer grâce à l’embrasement guerrier sous le regard bienveillant de l’État français.
Dès aujourd’hui, rejoignez la vague d’actions pour submerger les machines de guerre !

